PEINTURE / ЖИВОПИСЬ
ALEXIS TERZIEFF / АЛЕКСЕЙ ТЕРЗИЕВ
ALEXIS TERZIEFF portrait
Interview avec ALEXIS TERZIEFF pour Radio Liberté enregistrée au printemps 2005 à Paris par le journaliste Dmitri Savitski.

DS : Le Paris Russe de ces dernières années a subi des métamorphoses inévitables. Ceux que l’on peut encore qualifier d’ « émigration blanche » sont de moins en moins nombreux dans cette ville. Il y a de plus en plus de nouveaux Russes et des Russes pas vraiment nouveaux. On rencontre des Russes « sans papier » aussi souvent que des Roumains. Lutèce bruisse de rumeurs au sujet des festins de rêve des milliardaires russes. Des beautés russes déambulent sur les Champs Elysées. Des artistes non-conformistes des années 1970 vieillissent dans leurs ateliers octroyés par les mairies. Des spécialistes frais émoulus des vastes étendues de leur patrie enseignent dans des écoles prestigieuses et décorent les présidences des instituts de recherches scientifiques locaux. On ne distingue plus depuis bien longtemps Alexis Terzieff des Parisiens de souche. Artiste peintre, photographe, il est également responsable de trois sites Internet. Le premier avec ses photographies, le deuxième avec ses cartes postales dont il parlera lui-même et le dernier site « Paris Russe » sur lequel on peut trouver des nouvelles et des interviews, un dictionnaire du monde artistique russe en France et un panorama des galeries de peinture, ainsi que des renseignements pratiques sur la ville même du bord de Seine. Et ce site continue à grandir et à se développer. Mais voici Alexis Terzieff en personne. Alexis, vous vivez à Paris depuis vingt-sept ans déjà, qu’y avait-il avant Paris ? AT : Avant Paris, il y avait Kiev. Une belle ville étonnamment poétique. Je suis entré à l’Institut théâtral en faculté de cinéma et je suis devenu directeur de la photographie. DS : c’était en quelle année ? AT : Au début des années 1970. J’ai commencé à tourner très vite. J’ai tourné mes premiers films avec Viatchik Krichtofovtch, connu à Paris pour son film « La côte d’Adam ». J’ai tourné avec lui d eux films « Tchip » et « Une journée pleine de musique ». « Tchip » est passé sur la première chaîne de la télévision soviétique pendant de nombreuses années. Quant on a su que j’étais parti pour l’Occident, mon nom a été supprimé du générique. Mais on continue à montrer le film. DS : Vous vous retrouvez donc à Paris en 1979 ? AT : Tout à fait exact. Arrivé à Paris, j’ai fait de la peinture. Ma première exposition a eu lieu en Allemagne, à Munich. J’y ai travaillé une année, puis je suis revenu à Paris, où j’ai commencé à travailler avec la galerie « Liliane François », rue de Seine. Ma première exposition était déjà entièrement vendue avant même le vernissage. DS : Et dans quel style peigniez-vous ? Etait-ce de l’art figuratif ou abstrait ? AT : C’était de la peinture figurative. Je peignais de l’argent, devenant faux-monnayeur légal, en copiant les billets en détail, mais en détournant leur sens. DS : Vous continuez cette tradition ? AT : Je continue. J’ai travaillé avec Liliane François pendant douze ans. Durant tout ce temps, je n’ai pas beaucoup exposé car mes travaux se vendaient immédiatement et il me fallait perpétuellement les créer, il en manquait toujours pour les expositions. Je pouvais créer au maximum douze dessins par an. C’était trop peu pour faire une exposition, il aurait fallu 20 ou 30 toiles. Je passais un mois à peindre un seul billet. Je me demande encore aujourd’hui pourquoi on les achetait ! DS : Les gens désirent posséder de l’argent, c’est tout à fait normal, mais vous avez réalisé une chose complètement incroyable durant tant d’années, en vendant de l’argent. AT : C’était très difficile à peindre. Il suffit de regarder une toile au microscope, pour voir combien le travail est fin et précis. Je rêvais constamment d’expositions, en travaillant avec une des galeries de Paris les plus connues et les plus intéressantes, mais ces  billets me manquaient sans arrêt…. DS : De quels billets s’agissait-il ? AT : A cette époque les francs existaient encore. De très beaux billets, dommage que nous ne puissions les voir. DS : De quelle grandeur étaient-ils ? Plus grands que les vrais, puisqu’ils rapportaient plus d’argent ? AT : C’est une question très drôle. Le plus grand billet que j’ai peint était de 500 francs avec Pascal sur le verso. Je l’ai peint chauve, un mètre sur 60 centimètres. Il a été vendu, aussitôt suspendu dans la galerie. (Pourquoi chauve ? Parce que je me suis imaginé que durant toute sa vie de billet il avait pu réellement devenir chauve, après être passé entre tant de mains). DS : Puis le passage de la peinture à la photographie, pourquoi ? AT : J’ai eu l’impression, que j’avais trahi ma vieille maîtresse, la photographie, qui m’avait appris à tourner des films, en tant que directeur de la photographie. J’avoue franchement, que la photographie ne m’a jamais laissé tranquille et un beau jour, je me suis enjoué de la photographie de publicité et j’ai commencé à travailler avec de grandes entreprises. Mais cela n’a pas duré longtemps, car j’étais constamment attiré par un travail plus artistique et j’ai créé la carte postale « Chèque Bisous ». La création de cette carte-chèque était apparemment le passage tout à fait normal et inconscient de l’argent vers une autre forme de paiement. On pouvait envoyer cette carte-chèque de n’importe quelle valeur, de 6 milliards de bisous par exemple, à sa bien-aimée. Une seule question, comment s’en acquitter ensuite…. si elle les exigeait soudain ? DS : Sur votre site sont présentés des genres de photographies totalement différents : un paysage urbain, un ciel avec des traces d’avion, des couchers de soleil, des nuages. Vous photographiez des nus, des portraits. La lumière est toujours prise d’une façon remarquable. Vous vous définissez personnellement comme un photographe travaillant dans un seul genre ou vous essayez de travailler dans différentes directions ? AT : je ne me rends pas du tout compte. J’appuie sur le déclencheur quand je le sens…. Avec ma vieille maîtresse,, la photographie, nous sommes tellement familiers et nous nous connaissons si bien que nous ne nous demandons absolument pas qui fera quoi, et à quel moment ! Je suis très content de ce processus créatif, surtout quand je me trouve dans les rues parisiennes. Particulièrement au mois d’août, lorsque restent à Paris ceux qui ne peuvent partir en vacances. Se détachant soudain de manière inattendue sur la foule qui disparaît surgissent des gens étranges, de véritables parisiens amoureux de leur ville, des touristes qui ont honte de montrer qu’ils sont touristes, des ivrognes, de malheureux écrivains et peintres, qui peignent et écrivent toute leur vie durant et ne deviendront jamais Gauguin. Paris emble alors à mes yeux un peu mélodramatique et d’une pureté virginale. DS : Que seriez-vous devenu, si vous n’étiez pas photographe et artiste ? AT : Je n’aurais sans doute qu’écrit des nouvelles, ce que je fais d’ailleurs à mes moments perdus et j’espère publier un livre. Je pense vivre avec la photographie jusqu’à la fin de mes jours. Il n’y a aucun doute à cela. J’espère que là-…. haut, on m’autorisera à utiliser mon Nikon et à prendre des photographies, sinon je demanderai à revenir ici. DS : Merci


Интервью с Алексеем Терзиевым для радио Свободы записанным весной 2005 года в Париже журналистом Дмитрием Савицким.

Д.С.: Русский Париж последних лет прошёл через неизбежные метаморфозы. Всё меньше и меньше в этом городе тех кого ещё можно назвать белой эмиграцией. Всё больше новых русских и не совсем новых. Русские нелегалы встречаются так же часто как румынские. Лютеция полнится слухами о тримархионовых пирах русских миллиардеров. Русские красавицы встречаются на Елисеевских полях. Юные перевозбуждённые фотомодели вглядываются в лица сверстниц сугубо ночных профессий. Художники нонконформисты семидесятых стареют в предоставленных мэриями мастерских. Свежие из просторов родины специалисты преподают в престижных школах и украшают президиумы местных НИИ (научно-исследовательных институтов). Алексей Терзиев давно не отличим от коренных парижан. Художник, фотограф он так же держит на интернете три сайта. Один со своими фотографиями, второй об открытках, которых он расскажет сам и сайт Русский Париж на котором можно найти и новости и интервью, словарь русского артистического мира во Франции и обзор галерей живописи и чисто практические сведения о самом городке на Сене. И сайт этот продолжает расти и развиваться. Но вот сам Алексей Терзиев. Алексей, вы живёте в Париже уже двадцать семь лет. Что было до Парижа? А.Т.: До Парижа был Киев. Удивительно живописно-поэтичный город. Я поступил в Театральный институт на  операторский кинофакультет и стал оператором постановщиком. Д.С.: Это было в каком году? А.Т..: В начале семидесятых. Я начал очень быстро снимать. Первые свои фильмы я снял с Вячеком Криштофовичем, известным в Париже по фильму Ребро Адама. Я с ним снял два фильма Чип И День полон музыки. Чип шёл по первому каналу всесоюзного телевидения на протяжении многих лет. Когда на первом канале узнали, что я уехал на Запад, они вырезали из титров мою фамилию. Но фильм продолжал идти. Д.С.: Значит вы попали в Париж в 1978 году? А.Т.: Совершенно верно. Приехав в Париж, я занялся живописью. Моя первая выставка произошла в Германии, в Мюнхене. Я там проработал год, а затем вернулся в Париж и начал работать с галереей Лилиан Франсуа на улицы Сены. Первая моя выставка полностью продалась до начала вернисажа. Д.С.: А в каком стиле вы работали? Это был фигуратив или абстрактное искусство? А.Т.: Это была фигуративная живопись. Я писал деньги, став фальшивомонетчиком в законе, выписывая детально билеты, но меняя их смысл. Д.С.: Вы продолжаете эту традицию? А.Т.: Продолжаю. Я проработал с Лилиан Франсуа 12 лет. За это время я не сделал много выставок, поскольку мои работы постоянно продавались на лево и направо, мне нужно было постоянно их создавать, а на выставку их постоянно не хватало. Я мог нарисовать в год максимум двенадцать рисунков. Такого количества было мало, чтобы сделать выставку, нужно было 20, 30 работ. У меня уходил месяц на один денежный билет. По сей день задаю себе вопрос почему их покупали? Д.С.: Люди хотят иметь деньги, это вполне нормально, но вы совершили совершенно невероятную вещь в течении стольких лет продавая деньги. А.Т.: Их было очень тяжело рисовать. Достаточно посмотреть под микроскопом чтобы увидеть настолько тонко и точно они сделаны. Я постоянно мечтал о выставках работая с одной из самых известных и интересных галерей Парижа, но мне постоянно не хватало этих бумажек... Д.С.: А что это были за деньги? А.Т.: По тем временам это были ещё франки. Очень красивые деньги, беда в том, что мы их не видим. Д.С.: Какого размера были эти деньги? Они были больше нормальных, поскольку приносили больше денег? А.Т.: Очень смешной вопрос. Самый большой билет который я написал были 500 франков с Паскалем на оборотной стороне. Я нарисовал его лысым 100 х 60 см. Был продан как только его повесили в галерее. (Почему лысым, потому что я представил, что за свою денежную жизнь, вполне можно было облысеть пройдя через такое количество рук). Д.С.: И вот переход от живописи к фотографии. Почему? А.Т.: У меня сложилось впечатление, что я изменил своей старой любовнице фотографии, которая меня, как оператора-постановщика научила снимать фильмы. Честно признаюсь, что фотография мне постоянно не давала покоя и в один прекрасный момент я увлекаюсь рекламной фотографией и начинаю работать с крупными компаниями. Но долго это не продлилось, меня постоянно тянуло к более творческой работе и я создаю открытку "Чек Поцелуй". Создание этой открытки-чека было очевидно вполне нормальным подсознательным переходом от денег к другой форме оплаты. Такую открытку-чек любой стоимости, например в 6 миллиардов поцелуев, можно было  послать своей любимой женщине. Только вопрос, как потом расплачиваться.. если она вдруг их востребует? Д.С.: На вашем сайте представлены совершенно разные жанры фотографий. Городской пейзаж, небо с самолётными трассами, закаты, облака. У вас есть обнажённая фотография, портреты. Всегда поставлен замечательно свет. Вы сами по себе себя определяете как фотографа работающего в одном жанре или вы пробуете работать в разных направлениях? А.Т.: Я совершенно не отдаю себе отчёта. Я нажимаю на кнопку, когда мне хочется это сделать. С моей старой любовницей фотографией, мы настолько знакомы и так хорошо себя изучили, что совершенно не спрашиваем себя, кто и что, в какой момент будет делать? Я очень рад этому творческому процессу, особенно когда оказываюсь на парижских улицах. Особенно в августе месяце, когда в Париже остаются те  которые не могут куда-либо уехать отдыхать. Вдруг неожиданно обнажившись в исчезнувшей толпе появляются какие-то странные люди, истинные парижане влюблённые в свой город, туристы, которые стесняются показать, что они туристы, пьяницы, какие-то несчастные писатели и художники, которые всю жизнь рисуют и пишут и никогда не станут Гогенами, Париж у меня выглядит немного драматично и красиво снежно белым. Д.С.: Кем бы вы могли стать, если бы не стали фотографом и художником? А.Т.: Я очевидно бы только писал рассказы, которые кстати пишу в свободное время... Думаю.., что с фотографией я проживу до конца моих дней. В этом нет никакого сомнения. Надеюсь, там... наверху, мне позволят пользоваться моим Никоном и снимать фотографии, если нет - буду проситься назад. Д.С.: Спасибо.
"TETE d'ARGENT" ALEXIS TERZIEFF collection privée
"550 francs" ALEXIS TERZIEFF collection privée
"PAYASAGE" ALEXIS TERZIEFF collection privée
"FEMME MECHANIQUE" ALEXIS TERZIEFF collection privée
Griette va à la Geurre
Ma sapine
Griette
SEMIRECHENSKAIA / СЕМИРЕЧЕНСКАЯ
GEPPART / ГЕППАРТ
INTERVIEW