TEXTES / ТЕКСТЫ
ALEXIS TERZIEFF / АЛЕКСЕЙ ТЕРЗИЕВ
C'ETAIT UN SOIR, PAR DESOEUVREMENT


Des deux côtés de la rue pavée, serrées les unes contre les autres, se dressaient de guingois des maisons privées particulières. La rue remontait jusqu’à la caserne abandonnée où des familles de militaires vivaient dans de longs baraquements décrépits à un seul étage. Dans la cour, du linge séchait, des enfants faisaient rouler des pneus de voiture, un accordéon se lamentait et un feu de bois brûlait.
Suspendu par les pattes arrière à une corde fixée à une grosse branche de poirier sauvage, se balançait un lapin. Devant lui, dans un maillot de marin, se tenait le Dur. De son couteau qui étincelait au soleil, il l’écorchait vif. Les yeux rouges et affolés du lapin regardaient le monde à l’envers avec l’unique espoir de mourir au plus vite.
Le Dur tenait une cigarette entre les dents et, en arrachant la peau de la chair, montrait de temps à autre à l’Abominable assis près du feu comment ne pas abîmer la fourrure.
Derrière la caserne et les maisons particulières, s’élevait une colline que tous appelaient « la montagne » et d’où l’on voyait la ville entière. Cet endroit était devenu un refuge pour toutes sortes de gens. En été, on y bronzait, buvait de la vodka à trois et jouait aux cartes. Le soir, les couples amoureux admiraient le coucher de soleil et la nuit il s’y passait des choses étranges.
Le soleil était au zénith, il faisait très chaud. Le Premier, le Deuxième et le Troisième étaient assis dans les buissons et regardaient attentivement devant eux à travers les branches. Leurs trois mains droites bougeaient ensemble et en rythme, en un va-et-vient de bas en haut. A quelques mètres des buissons, au milieu des herbes hautes, Jeanna bronzait sur un matelas, complètement nue.
- Un jour, elle finira par se faire violer, murmura le Premier.
- Plutôt deux fois qu’une, chuchota le Deuxième tout excité.
- S’il faisait nuit, je ne pourrais pas m’en empêcher, souffla le Troisième.
- Mais qui irait se faire bronzer la nuit ? dit tout bas le Premier.
- Jeanna, où es-tu ? Viens déjeuner ! une voix féminine parvint de derrière la palissade.
Jeanna s’assit, recouvrit lentement et à contre-cœur son corps nu d’une robe, se leva, secoua sa jupe, plia le matelas et se dirigea vers la palissade.
Tous les trois reboutonnèrent convulsivement leurs braguettes. Arrivée à hauteur des buissons, elle s’arrêta, regarda du côté des garçonnets et demanda avec ironie :
- Eh bien, les morveux, vous avez réussi à jouir ?
- Trois fois, répondit le Premier.
- Fais attention de ne pas mourir d’épuisement, répondit Jeanna et, en faisant onduler exprès ses hanches, elle s’éloigna.
- Jeanna, montre, cria le deuxième, dans son dos.
Sans s’arrêter, Jeanna releva sa jupe, montrant son jeune et joli derrière.
- Et devant ? demanda le Troisième.
- La prochaine fois, répondit Jeanna.
Jeanna avait eu dix-huit ans la semaine précédente, elle venait de terminer le lycée et se préparait à entrer à l’université. Des vacances à la mer ne se profilaient pas à l’horizon, la famille n’avait pas d’argent et elle devait donc se faire bronzer sur notre « montagne ».
- Tu penses qu’elle est encore vierge ? demanda le Premier.
Le Deuxième haussa les épaules, accompagnant d’un regard interrogateur Jeanna qui s’éloignait.
- Hier, dit le Troisième, je l’ai entendue dire à sa mère « maintenant que j’ai dix-huit ans, je ferai ce que je voudrai ».
- Elle va bientôt faire parler d’elle, dit le Premier avec assurance.
Parvenus au niveau d’une maison en briques à trois étages, le trio se heurta à Steven.
- Donne du chewing-gum, dit le Premier.
- Je n’en ai plus, répondit-il et il se dirigea vers l’arrêt de bus.
« Un américain s’est fourré le doigt dans les fesses et en a fait sortir une tonne de merde » chantèrent-ils tous les trois.
Steven, sans se retourner, frappa sa tempe de son index et disparut au coin de la rue.
A peine avait-il disparu que de ce même coin apparut le concierge. Les trois garçons firent brusquement demi-tour et partirent dans la direction opposée d’un pas rapide.
- Si je vous revois traîner dans le coin, je vous frotterai les oreilles, cria méchamment le concierge.

Au coin de la rue, Pavel fit tomber des comprimés de codéine dans une bouteille de vin. A ses pieds traînait une batte de base-ball. Le dernier comprimé glissé dans le goulot, Pavel secoua la bouteille, comme si c’était un cocktail, puis la colla à ses lèvres et vida le contenu jusqu’à la dernière goutte. Pavel était spécialiste de boissons expérimentales. De la vodka avec du dentifrice, du whisky avec du cognac et de la bière, du vinaigre avec de l’alcool. Tout y passait, tout lui convenait, pourvu que cela lui fasse de l’effet, pour aller ensuite, comme il le disait, « à la chasse ».
Steven était encore à l’arrêt du bus, lorsque Pavel se mit à menacer les automobilistes avec sa batte. Les voitures s’écartaient comme elles pouvaient, essayant d’éviter Pavel qui tenait à peine sur ses jambes. Après dix minutes de tentatives infructueuses pour atteindre un véhicule, Pavel tomba sans force sur le pavé. Deux automobilistes s’arrêtèrent, le prirent par les pieds et les bras, le portèrent dans l’allée et le déposèrent sur un banc.
Au carrefour, une ambulance apparut en hurlant, et après avoir chargé Pavel en quelques secondes comme un vulgaire sac de pommes de terre, disparut entre les voitures qui circulaient fiévreusement.
On laissa sortir Pavel de l’asile psychiatrique au bout de deux semaines. Libéré, il vola le jour même dans une pharmacie une boîte avec des plaquetttes de codéine et la nuit, après avoir fracturé une serrure, viola l’éducatrice d’un jardin d’enfants. Cette fois-ci, l’ambulance emmena Pavel pour quinze ans.

Le soir, dans le kiosque près de la maison en briques, se réunissaient le Principal, le Dur, le Nul, l’Abominable et le Sale. Ils fumaient, et tout en regardant autour d’eux avec ennui, se demandaient ce qu’ils pourraient bien trouver à faire qui sorte de l’ordinaire.
- Quand tout cela va-t-il finir ? dit le Principal, irrité, en observant un side-car qui se garait avec difficulté entre deux voitures.
- Et voilà, surtout ne vous gênez pas, lança le Dur.
- Tant qu’il y aura des matchs de foot dans le stade, tous ces fous de supporters stationneront chez nous, dit le Nul.
- Coinçons les entre deux arbres, proposa le Dur.
- Arrêtez de vous rincer le gosier, venez ici ! Le Nul appelait le Premier, le Deuxième et le Troisième qui vidaient une bouteille de vin rouge près des marches de la porte d’entrée.
Vers la fin de la première mi-temps, toutes les petites cylindrées qui avaient pu être déplacées étaient coincées entre les arbres. Ensuite ils s’attaquèrent aux side-cars. Vers la fin du match, ils en avaient déjà jetés trois du haut du mur de dix mètres qui protégeait la « Montagne ». Le Dur et l’Abominable se dirigeaient vers le quatrième, lorsque Jeanna passa à côté d’eux.
- Veux-tu fumer ? proposa le Dur.
Jeanna s’arrêta :
- Qu’est-ce que tu as à me proposer ? demanda-t-elle d’un ton de connaisseur.
- Arménien, répondit le Dur.
Jeanna accepta et tout le petit groupe, laissant tomber les voitures et les side-cars, se dirigea lentement vers la « montagne ». Le Premier, le Deuxième et le Troisième, après avoir attendu quelques minutes, les suivirent.
Il faisait sombre et la faible lueur de la lune suffisait à peine pour éclairer le chemin.
Ils s’assirent sur la terre encore chaude, dans les herbes hautes, sous un pommier. Le Sale et l’Abominable se mirent à rouler des cigarettes et le Principal à ouvrir des bouteilles.
Le Dur tendait son verre : - Remplis à ras bord, murmura-t-il.
Le Principal mélangea le contenu de trois bouteilles de vin. Il plongea la main dans sa poche et en retira un paquet de codéine. Il fit tomber discrètement dans le verre destiné à Jeanna deux comprimés et se mit à mélanger le cocktail avec son doigt.
- Ça va, c’est bon, chuchota le Principal à l’oreille du Dur, en se léchant le doigt.
Jeanna tira sur le joint en retenant sa respiration.
- Tu veux sniffer ? demanda le Nul.
- Vous avez le programme complet aujourd’hui, remarqua Jeanna.
Le Dur fit un clin d’œil au Principal. Le Nul se mit à déballer un petit paquet blanc, prit dans sa poche de côté une règle en plastique et commença à verser soigneusement une ligne blanche. Se bouchant la narine de son doigt, Jeanna se pencha au-dessus de la règle et sniffa une ligne.
- Fais attention, ne l’aspire pas avec la règle, plaisanta le Nul.
- Donne-moi à boire, demanda Jeanna.
Le Principal lui tendit « le » verre. Quelques minutes après Jeanna planait. Le Dur s’assit derrière elle et, l’enlaçant, saisit ses seins. Jeanna n’opposa aucune résistance. Alors le Dur fit glisser des épaules de Jeanna les bretelles de sa robe, découvrit sa poitrine et se mit à lui pincer les mamelons. Le Principal fourra sa main sous sa robe, passa un doigt sous l’élastique de sa petite culotte et l’attira à lui lentement. Jeanna tenta d’arrêter sa main, mais il était trop tard. Le Principal arracha la petite culotte blanche et la jeta au loin. De ses mains puissantes il forçait déjà les longues jambes fines de Jeanna à s’écarter. Le Premier, le Deuxième et le Troisième, retenant leur respiration, observaient la scène de derrière les buissons.
Le Principal, baissant son pantalon, cracha sur son sexe et grimpa sur Jeanna. Après quelques essais infructueux, il s’écarta et, étonné, enfonça son doigt.
- Vierge, dit le Principal, en regardant ceux qui étaient assis, avec l’air d’un spécialiste expérimenté, je ne joue pas à ce jeu. Il se leva brusquement, remonta son pantalon, prit une cigarette et, après avoir fumé, s’éloigna de quelques pas.
Le Dur fit un signe de tête à l’Abominable.
- Vas-y, elle a déjà dix-huit ans, il est temps de lui faire perdre sa virginité.
L’Abominable, sans réfléchir longuement, souleva les jambes de Jeanna pour les poser sur ses épaules et se mit à l’ouvrage. Jeanna frissonna, poussa un cri et, tout d’un coup, s’abandonna sans résistance. L’Abominable commença à la baiser. Le Nul tripota son clitoris, le Sale lui pétrissait les seins et le Dur, après avoir déboutonné sa braguette, frotta les lèvres pulpeuses de Jeanna avec son sexe. Cette dernière respirait péniblement. L’Abominable jouit enfin et, se rejetant dans l’herbe se mit à reprendre son souffle. Jeanna passa de mains en mains. Le dernier à jouir fut le Dur :
- Ce n’est pas un sexe, mais un marais, c’est dégueulasse, dit le Dur avec mécontentement, en crachant.
- Il est temps de filer, dit le Principal.
Passant à côté des buissons, où se terraient sans bruit le Premier, le Deuxième et le Troisième, l’Abominable s’arrêta :
- A votre tour maintenant, mais ne la maltraitez pas !
Tous les trois hochèrent la tête comme un seul homme.
- Si l’un de vous s’avise de nous dénoncer, je lui arrache les couilles, dit le Dur avec violence. Comme des chacals, sortant des buissons la tête basse, ils se dirigèrent vers Jeanna dénudée qui ressemblait à la Belle au bois dormant dans la lueur mate de la lune. Jeanna avait sombré dans un sommeil comateux et elle resta cachée toute la nuit dans les hautes herbes. A trois mètres d’elle, des amoureux s’embrassaient et admiraient la ville endormie, à cinq heures, deux dealers firent leur transaction, à six heures, un grand-père sportif passa en courant à un mètre d’elle, mais personne ne remarqua Jeanna, étendue nue.

Elle fut réveillée par le soleil brûlant, se redressa et commença à se souvenir de ce qu’elle venait de subir. En voyant sa petite culotte et sa robe qui traînaient non loin, elle sentit remonter en elle le souvenir écoeurant de ce qui s’était passé et elle en eut brutalement la chair de poule. Jeanna n’eut pas le temps d’enfiler sa culotte et sa robe, que déjà la voix de sa mère grinçait derrière elle :
- Salope, je n’ai pas dormi de la nuit, que faisais-tu ici ?
- J’ai compté les étoiles filantes, répondit Jeanna.
- Bon, allons déjeuner, j’ai acheté hier un lapin au Dur.

Le Dur se dirigeait d’un pas sûr et lent vers la station de métro « Place de la révolution ». Après s’être retourné prudemment deux fois, il y entra rapidement, descendit l’escalator et s’assit dans un wagon. Les portes claquèrent et le train s’ébranla brusquement.
Lorsque la banlieue apparut, le Dur abaissa son journal. Il changea de ligne à Châtelet, sortit à Barbès et retrouva l’Abominable qui l’attendait près d’un porche.
- Et bien, tu as conclu le deal ?
- Ne restons pas ici, répondit l’Abominable.
Se cachant sous un porche, à l’abri des regards, l’Abominable glissa rapidement dans la main du Dur quelques petits paquets blancs.
- Comment te sens-tu ici ? lui demanda le Dur.
- Tu le sauras en y vivant, répondit l’Abominable.
- Tu penses que je pourrais passer quelques jours chez Jeanna ?
- Je pense que oui, répondit l’Abominable.
- Elle est toujours avec son pédé ?
- Elle n’a pas le choix, il lui assure son confort matériel en lui payant le loyer et ses sorties, et elle, en échange, elle lui permet de sauver les apparences sociales et mondaines.
- Et que fait-elle maintenant ?
- La même chose, répondit l’Abominable.

Assise à la terrasse d’un café, Jeanna regardait le profil et la tête chauve de l’homme qui passait dans la rue et pensa qu’il ressemblait à Dur. Ce dernier paraissait hypnotisé par la vitrine éclairée d’un magasin qui vendait des animaux domestiques. Planté devant, il regardait une cage où se tenait un lapin gris.
Tout en regardant les portes fermées, Dur pensait qu’il aimerait bien le piquer.
Jeanna se leva précipitamment pour l’appeler, mais le Dur avait déjà disparu au coin de la rue. En se rasseyant, Jeanna tourna la tête vers les trois hommes assis en face d’elle qui ne la quittaient pas des yeux.
Lequel choisir ? se demandait-elle fiévreusement.
Le Premier était d’origine arabe, le Deuxième ressemblait à un Espagnol et le Troisième était certainement Français. Tous les trois suivaient avec insistance chacun de ses gestes. Jeanna n’arrivait pas à se décider mais le serveur résolut ce problème en déposant devant elle une bouteille de vin rouge.
- Je n’ai rien commandé, dit-elle.
- C’est un cadeau de…. dit le serveur en désignant le Deuxième qui lui souriait.
Jeanna répondit par un sourire et, levant son verre en signe de remerciement, indiqua sa chaise d’un signe de la main.
Le Deuxième vint s’asseoir à côté d’elle.
- Jeanna, se présenta-t-elle.
- Le Deuxième, et il continua « Russe ? »
Jeanna fit oui de la tête et demanda :
- Espagnol ?
- Oui, confirma-t-il en hochant la tête.
Une demi-heure plus tard, après avoir vidé la bouteille, Jeanna sortit du café au bras du Deuxième.
Une minute après, le Premier et le Troisième les suivirent, marchant lentement à dix mètres derrière eux. Ce que Jeanna ne savait pas, c’est que tous les trois avaient l’habitude de « chasser » ensemble.
Après avoir monté l’escalier vétuste jusqu’au dernier étage, le Deuxième ouvrit une porte et Jeanna entra dans une petite chambre mansardée.
- Tu veux fumer ? lui demanda le Deuxième. Jeanna acquiesça.
Le Deuxième ouvrit une bouteille, remplit un verre et le tendit à Jeanne. Il s’assit ensuite sur le matelas, prit un briquet et se mit à chauffer un petit cube marron. Après avoir roulé une cigarette, il la tendit à Jeanna. Elle ferma les yeux et aspira, en retenant sa respiration. Le Deuxième, remplissant à nouveau le verre de Jeanna, y jeta discrètement deux comprimés. Pendant que Jeanna fumait, le Deuxième mélangeait discrètement le cocktail derrière son dos.
Après ce deuxième verre, Jeanna était complètement partie.
Les mains moites du Deuxième firent glisser des épaules de Jeanna les bretelles de sa robe et dénudèrent sa poitrine. Elle sentit des doigts puissants pincer ses mamelons. La serrure grinça et deux ombres se glissèrent dans la pièce. Le Premier fourra sa main sous la jupe de Jeanna pour lui ôter sa culotte. Jeanna essaya de l’arrêter mais n’y parvint pas. La culotte fut arrachée et jetée quelque part dans un coin. Le Troisième se mit à triturer son clitoris, le Premier, remplaçant la main du Deuxième, pétrissait sauvagement les seins de Jeanna. Il la força à écarter davantage ses jambes, et après avoir craché sur son sexe, il la pénétra violemment. Jeanna émit un sanglot, entrouvrit les yeux et comprit tout. Durant la nuit entière, Jeanna passa de mains en mains, elle les subissait et jouissait en même temps. Dans un dernier éclair de lucidité, avant de s’évanouir, elle se demanda comment elle avait pu retomber dans la même histoire.

Le matin, ouvrant les yeux, elle revint à elle dans une boîte en carton sous un pont des quais de la Seine.
- Il est temps de te réveiller, ma petite, si tu veux un morceau de lapin, dit un clochard barbu penché au-dessus d’elle.
A deux mètres de Jeanna, une poêle noire enfumée grésillait sur un petit réchaud à gaz.
- D’où vient-il ? demanda Jeanna.
- Du magasin d’en face, répondit-il en grattant sa barbe grise.

Vers huit heures du soir, le Dur atteignit la maison de Jeanna. A trente mètres de celle-ci, un grand jeune homme blond sortit d’une Mercèdes noire, le téléphone portable collé à l’oreille pendant qu’il se dirigeait vers l’entrée. Il s’arrêta près de la boîte aux lettres, regarda à l’intérieur, sortit quelques lettres, jeta un coup d’œil rapide sur les enveloppes et, en les remettant dans la boîte, dit :
- Mon cher, je serai là dans quarante-cinq minutes. Nous arriverons juste à temps pour le dessert.
Ayant remis le téléphone dans sa poche, il entra dans l’ascenseur et appuya sur le bouton. L’ascenseur s’éleva lentement.
Le Dur s’approcha de la maison, ouvrit la porte de l’entrée, traversa le hall, entra dans l’ascenseur, monta au sixième étage et appuya sur la sonnette.
Le jeune homme blond ouvrit la porte :
- Jeanna est-elle là ? demanda le Dur.
- Non ! répondit le jeune homme en dévisageant le Dur de la tête aux pieds et en se passant intentionnellement la langue sur les lèvres.
Le Dur reprit l’ascenseur, descendit, traversa la rue et s’assit sur un banc juste en face de l’entrée. Le long de la rue, une bande de voyous en capuchons multicolores ouvrait les portières des voitures avec de minces tiges métalliques. Une moto les suivait avec un sac. Du troisième étage retentirent des injures et un homme à moitié nu se mit à brandir le poing en direction des voyous. Aucun d’eux ne prêta la moindre attention à ses menaces.

Au loin, on entendit une sirène de police. Les voyous s’évanouirent comme dans le brouillard. La moto passa lentement devant le Dur et disparut au coin de la rue. Le jeune homme sortit de l’entrée, s’assit dans sa Mercèdes et s’éloigna rapidement. Quelques minutes plus tard, Jeanna et la rousse Ella descendirent d’un taxi et disparurent dans l’immeuble.
Comme le Dur se demandait s’il s’agissait bien de Jeanna, il observa les fenêtres, la tête en arrière, pour voir si celles de Jeanna allaient s’allumer. Soudain, de la terrasse du sixième étage, il distingua une silhouette qui lui cria :
- Monte, on m’a averti de ta présence.
En lui ouvrant la porte, elle lui précisa :
- L’Abominable m’a déjà dit que tu étais là.
- Je peux passer la nuit chez toi ?
Jeanna fit oui de la tête.
- Je ne suis pas venu les mains vides.
- Tant mieux, dit Jeanna.
L’amie de Jeanna, la rousse Ella, fumait un joint assise sur la terrasse et le regard fixé avec indifférence devant elle. Du stade parvenait de temps en temps une explosion de cris.
Chaque fois qu’il y a un match de foot, toute la rue est encombrée de voitures. Impossible d’entrer chez soi, ni d’en sortir.
- Téléphone-nous, et on s’occupera rapidement d’eux, juste pour plaisanter, dit le Dur, en se laissant tomber dans le fauteuil libre en face d’Ella.
- On se débrouille très bien sans toi ici, dit Ella.
- Pour plaisanter ? répéta Jeanna en saisissant les derniers mots de la réponse du Dur, vous m’avez violée pour plaisanter ?
- Pour toi, c’était par amour, dit le Dur en passant ses mains sous la jupe de Jeanna pour lui caresser les fesses.
- Et de quoi vis-tu ? demanda le Dur, se tournant vers Ella et changeant de sujet.
- Grâce à mon mari, qu’est-ce que tu crois !
- Et ton mari, c’est aussi un pédé ?
- Non, il est voyeur, il est déjà trop vieux pour baiser, répondit Ella.
- Pourquoi ne le ferais-tu pas avec le Dur ? Ce serait mieux que de racoller quelqu’un dans la rue, demanda Jeanna. Ella examina attentivement le Dur des pieds à la tête.
- Il faudrait que je le teste avant, car le vieux devient de plus en plus vicieux. Il faut à chaque fois lui proposer quelque chose de différent et de plus « hard ».
- Que faut-il que je fasse ? demanda le Dur en s’animant.
- Baiser Ella, dit Jeanna.
- Tu plaisantes ? Et le vieux, que fait-il ? demanda le Dur à Ella.
- Le vieux ? Il reste assis dans son fauteuil devant le lit, il matte tout en fumant son cigare et en buvant du champagne. C’est la seule chose qui lui fait prendre son pied… et nous on gagne deux cents euros.
- Mais il faut pas que tu jouisses trop vite, il faut que ça dure.
- Enfantin, du moment qu’on me paie ! Quand commençons-nous ? damanda le Dur, soudain très excité.
- Dans une semaine, quand il sortira de la clinique.
- On peut déjà essayer aujourd’hui, proposa le Dur, en fourrant sa main entre les cuisses d’Ella.
- Elle est toujours prête à essayer n’importe quoi, dit Jeanna.
- Et qu’est-ce qu’il a ? demanda le Dur, en continuant à la caresser.
- Il m’a faite baiser par deux noirs et il s’est tellement excité que sa tension est montée brutalement. Il a dû être hospitalisé.
- J’ai un voisin curieux, dit soudain Jeanna, les yeux fixés sur une branche de pin qui oscillait sur la terrasse voisine. Et elle traversa le salon pour entrer dans sa chambre tout en enlevant sa robe.
Ella et le Dur la suivirent.
- Tu te promènes la chatte à l’air ? dit le Dur, admirant le derrière de Jeanna.
- Ca te fait bander ? demanda Jeanna.

Assis sur le lit, les jambes croisées, le Dur complètement nu sniffa d’une traite une ligne de poudre blanche posée sur un plateau. Derrière lui, accoudée au dossier, Ella versa du vin. Jeanna sortit de la salle de bains, s’approcha du lit et s’assit à côté d’Ella. Entrouvrant ses doigts au-dessus d’un des verres, elle versa quelques comprimés dans le vin. Ella interrogea Jeanna du regard. Jeanna, s’approchant d’elle, lui chuchota quelque chose à l’oreille tout en diluant le mélange avec ses doigts.
- Et bien, les filles, on sniffe ? dit le Dur, en tendant le plateau à Jeanna.
Elle finit de lécher son doigt et s’approcha du plateau.
- Donne-moi ce verre, tu seras plus à l’aise, proposa le Dur.
- Avec plaisir, répondit Jeanna, c’est justement le tien.
Jeanna sniffa, le Dur but son verre de vin d’un trait.
- Il a un drôle de goût, dit le Dur, songeur.
- Les meilleures parmi les meilleures, répondit Jeanna, en montrant les deux bouteilles qui se trouvaient sur la table de nuit.
- De toute façon, je ne comprends rien au vin, dit le Dur, en regardant les étiquettes d’un air indifférent et en ouvrant soigneusement le deuxième petit paquet. Pendant que le Dur préparait une dose pour Ella, Jeanna alla de nouveau dans la salle-de-bains, revint et effectua la même opération avec les comprimés.
- Alors les filles, on baise, proposa le Dur, après avoir sniffé sa ligne, et il rampa vers Ella.
Jeanna alla vers le téléviseur et mit un film pornographique.
- Quel pied, dit le Dur, couché sur Ella et fixant l’écran.
- Moi aussi, je veux voir, dit Ella.
- Alors mets-toi à quatre pattes, dit le Dur, il lui écarta les cuisses et, après avoir bâillé à se décrocher la mâchoire, il la pénétra.
Le Dur n’eut pas le temps de jouir, il s’effondra brutalement après le troisième verre.
- Tu aurais pu en verser moins, j’ai la chatte tout excitée, dit Ella avec dépit.
- Tu vas être encore plus excitée maintenant, j’attendais ce moment depuis six ans. Sors le vibro de sa boîte.
Le matin, le Dur se réveilla, ne sachant pas où il avait le plus mal entre sa tête ou son cul. Sur le lit, Jeanna et Ella étaient assises de chaque côté de lui et fumaient un joint, qu’elles se repassaient de temps en temps au-dessus de sa tête.
Par la porte ouverte de la chambre à coucher, apparut une fillette de six ans.
- C’est la fille de qui ? demanda le Dur, en interrogeant Jeanna et Ella du regard.
- De l’un de vous huit, répondit Jeanna.
- Tu me fais marcher, répondit le Dur, en se soulevant avec peine.
- Peut-être même la tienne, regarde comme elle te ressemble, dit Jeanna ironiquement.
Le Dur dévisagea Macha, puis se regarda dans le reflet du miroir de la porte de la chambre à coucher. Elle ne me ressemble pas énormément, pensa-t-il, plutôt à l’Abominable.
Après avoir enfilé une robe de chambre, le Dur sortit du lit et se dirigea vers la salle-de-bains.
- Qu’est-ce que tu fais ? demanda Jeanna, après un long moment de silence.
- J’ai certainement attrapé des hémorroïdes, tu me passes une serviette ? demanda le Dur, apparaissant de derrière la porte avec son caleçon lavé à la main.
- Il en faudrait au moins trois pour ton cul, va voir dans la commode, tu y trouveras aussi un caleçon qui traîne, dit Jeanna.
Le Dur, de mauvaise humeur, fouilla dans le tiroir de la commode.

Le Principal, le Nul, l’Abominable et le Sale étaient assis dans une cave et buvaient leur dernière bouteille. Quand elle fut terminée, le Principal se tourna vers le Légionnaire, assis à la table voisine et, en lui tendant de l’argent, dit :
- Va chez l’Arabe acheter quelques bouteilles.
- Vas-y toi-même, répondit le Légionnaire, sans même regarder du côté du Principal.
- Le fils de pute, il va falloir que j’y aille moi-même, dit le Principal, en tournant le dos au Légionnaire. En entendant l’injure, le légionnaire se leva, se dirigea vers son sac suspendu au mur, en retira une arme et, l’agitant dans tous les sens, hurla :
- Quelle est la putain qui a dit « fils de pute » ?
Un silence de mort envahit la cave. S’approchant du Principal, le Légionnaire colla le canon contre sa nuque :
- C’est toi le dernier des fils de pute, abruti.
- Doucement, doucement, murmura le Principal, en levant les mains.
Le Légionnaire décolla le canon de sa nuque et tira en l’air. Les uns rampèrent sous les tables, ceux qui étaient assis près de la sortie détallèrent pour sortir de la cave. Le Principal, le Nul, l’Abominable et le Sale levèrent lentement les yeux au plafond, mais ne virent aucune marque et pas un gramme de plâtre ne tomba sur le sol.
- Un pistolet d’alarme, souffla le Principal. Il se leva, se jetta sur le Légionnaire et lui asséna de toute ses forces un coup de poing en pleine gueule. Le Légionnaire fut projeté contre le mur, renversant plusieurs chaises, et tomba brutalement par terre.
Le Nul, l’Abominable et le Sale, qui s’étaient approchés, relevèrent le Légionnaire pour le coincer contre le mur, et se mirent à lui cogner dessus. Des cris se firent entendre dans le public :
- Qu’est-ce qu’on t’a appris là-bas ? On se demande pourquoi on a payé tant d’impôts, espèce de lâche ! Défends-toi, défonce-les !
Mais le premier coup du Principal fut fatal : le Légionnaire s’écroula.
Le Nul et le Sale le relevèrent, le traînèrent quelques mètres et l’étendirent sur une longue table en bois. Saisissant une fourchette, le Principal la planta dans les fesses du Légionnaire et lentement, en roulant des mécaniques, sortit de la cave avec le Nul, l’Abominable et le Sale.
Le lendemain, vers 23 heures, le Légionnaire ivre mort revint à la cave la gueule défoncée et une batte de baseball à la main, mais il ne rencontra personne. La cave était fermée. Fou de rage, il sortit dans la rue et frappa de toutes ses forces le pare-brise de la première voiture qui se trouvait sur son chemin. Et il continua ainsi à défoncer, un coup à gauche, un coup à droite, une voiture sur deux jusqu’au carrefour où il s’écroula brusquement sans connaissance.
Deux automobilistes s’arrêtèrent et le prenant par les pieds et les bras, dégagèrent la route et le déposèrent sur un banc.
Au carrefour, en hurlant, apparut une ambulance.

Le Dur sortit de l’immeuble de Jeanna et se dirigea vers le métro. Arrivé à Barbès, il monta par l’escalator et alla en direction de l’entrée où se tenait d’habitude l’Abominable. Ce dernier était avec le Principal, le Nul et le Sale.
- Je me casse, tout autour c’est le bordel, je préfère retourner chez moi.
- Tu vas te faire coincer dès que tu sortiras du métro, ils te mettront derrière les barreaux et t’expédieront chez le barbu. Et là, il n’y a qu’une seule issue, tu le sais bien !
- Mieux vaut être avec les siens qu’avec des étrangers, de toute façon, il faut bien mourir un jour, dit le Dur, en agitant la main en guise d’adieu. Il se retourna brusquement et se dirigea vers le métro.
Après avoir descendu l’escalier, il erra longuement dans les couloirs, jusqu’à ce qu’il arrive enfin sur le quai. Le Dur se retrouva au milieu d’une vingtaine de personnes qui attendaient le métro.
- La Place de la révolution est dans cette direction ? demanda le Dur à un jeune homme blond avec un sac de grosse toile verte à ses pieds.
- Révolution, murmura le jeune homme blond, en regardant le Dur terrorisé et en faisant oui de la tête.
- Il a pas l’air très net, pensa le Dur et à tout hasard, il se recula de quelques mètres.
Quand le Dur vit apparaître les phares au loin dans le tunnel, il soupira soulagé.
Le train vide entra en trombe dans la station.
- Révolution, répéta le jeune homme blond, en montrant le train qui entrait en gare.
Le Dur monta et s’appuya contre la porte. Rencontrant son visage dans la vitre, il arrangea ses cheveux en désordre. Dans le reflet, à côté de sa tête, apparut le visage hagard du jeune homme blond, déformé par la terreur.
Encore ce fou, pensa le Dur et il se retourna d’un bloc. Derrière la porte qui s’était refermée de manière inattendue, le jeune homme le regardait terrorisé en se tapant sur la tête. Il réalisa tout à coup qu’il n’y avait plus personne dans le train qui s’ébranlait lentement. Sur le quai, les gens lui faisaient désespérément des gestes pour lui signifier qu’il était fou, d’autres se prenaient la tête entre les mains ou lui montraient comment tirer le signal d’alarme, d’autres encore frappaient hystériquement contre les fenêtres.
Le Dur commença à se sentir mal à l’aise, mais le train prenait de la vitesse et, entrant dans le tunnel, fonça en traversant sans s’arrêter les stations éclairées et vides.
- Il rentre certainement au dépôt, pensa le Dur. Après une heure de voyage ininterrompu, le Dur commença à distinguer des bâtiments sans fin, mutilés par les bombardements. Le train se mit à ralentir petit à petit puis s’arrêta complètement. Le Dur descendit sur le quai. Pas une âme en vue, cela sentait mauvais. On entendait de temps à autre des rafales de mitraillette. Le ciel était de plomb et sur la ligne pourpre de l’horizon, un hélicoptère se détacha et passa.
Suivant la flèche dessinée sur une feuille blanche collée sur le mur, il arriva à une petite place éclairée d’une seule lanterne qui se balançait au vent. Non loin, au bord du trottoir, stationnait un camion bâché. Dans les maisons autour de la place, on pouvait voir à travers les fenêtres arrachées les murs écroulés. Le Dur sentit soudain un violent coup sur la nuque, ses jambes se dérobèrent sous lui et, perdant connaissance, il s’écroula sur l’asphalte.

Jeanna et Ella étaient assises sur le lit. Ella zapait et passait machinalement d’un programme à un autre.
- Au fait, où est le Dur ? demanda-t-elle en regardant sa montre.
- L’Abominable m’a appelée, il a dit qu’il était reparti, répondit Jeanna.
- Je n’ai pas compris, dit soudain Ella, baissant la tête et essayant de regarder la télé les jambes en l’air.
- C’est quelle chaîne ? demanda Jeanna.
Ella ne répondit pas et se rapprocha du bord du lit, afin de mieux voir.
Sur l’écran, le Dur était pendu par les pieds à une grosse branche. Le soleil pourpre descendait à l’horizon. C’était une douce soirée d’été. Une homme basané et barbu, en maillot de marin, tournait autour de Dur. De temps en temps, il effleurait sadiquement la gorge de Dur avec la lame d’un long couteau dans lequel se reflétait le soleil couchant. Le sang ruisselait sur le visage de Dur. Le barbu disparut brusquement. Le film continua et la caméra tout en tournant autour de Dur s’attardait sur les entailles, zoomait sur les yeux grand ouverts pleins de sang et de démence. Il semblait que le temps s’était arrêté.
- Je veux vivre, pitié, je veux vivre, murmurait le Dur agonisant.
Sur l’écran apparut à nouveau le barbu. Il s’approcha de Dur, le tira par les cheveux d’une main et avec l’autre lui trancha lentement la gorge. Le sang gicla, le zoom fit un gros plan, en tremblant, sur le sang qui coulait de la blessure béante. Le corps de Dur s’affaissa comme un sac qui se vide. La caméra continuait à filmer, ajoutant un dollar vert à chaque seconde qui passait.
C’était un soir, par désoeuvrement….


Kiev/Paris 1987/1997



ДЕЛО БЫЛО ВЕЧЕРОМ, ДЕЛАТЬ БЫЛО НЕЧЕГО


По обе стороны уложенной булыжником дороги, прижавшись друг к другу, стояли покосившиеся частные дома. Улица подымалась вверх и вела к заброшенной военной части. В длинных, облезших одноэтажных корпусах жили семьи военных. Во дворе сушилось бельё, дети катали колёса машин, звучала гармошка и горел костёр.
Подвешенный за задние лапы, на верёвке, свисавшей с толстой ветки дикой груши, подёргивался кролик. Перед ним, в матросской тельняшке, стоял Крутой и поблескивающим на солнце ножом сдирал с него шкуру. Красные, обезумевшие глаза кролика смотрели на перевёрнутый мир с единственной надеждой - поскорей сдохнуть.
Крутой держал в зубах сигарету и лихо отдирая шкуру от мяса, время от времени поучал сидящего у костра Мерзкого, как не испортить мех.
За казармами и частными домами был холм, который все называли "горкой", с которого был виден весь город. Это место было пристанищем кого угодно. Летом тут загорали, разливали на троих и играли в карты. Вечерами влюблённые пары любовались заходом солнца, а по ночам творились странноватые делишки.
Солнце висело в зените, было жарко. В кустах сидели Первый, Второй и Третий и внимательно смотрели сквозь ветки впереди себя. Их три правых локтя одновременно и ритмично подёргивались, подымаясь и опускаясь. В нескольких метрах от кустов, среди высокой травы, на подстилке загорала обнажённая Жанна.
- Однажды она доиграется, кто-нибудь её трахнет, - шепнул Первый.
- Ещё и как, - шепнул с восторгом Второй.
- Будь это ночью, я бы точно не удержался, - прошептал Третий.
- А кто ночью загорает? - шепнул Первый.
- Жанна, где ты? Иди обедать, - раздался женский голос из-за забора.
Жанна села, медленно и неохотно одела  на голое тело сарафан, встала, отряхнула юбку, сложила подстилку и пошла в сторону забора.
Все трое стали судорожно застёгивать ширинки.
Поравнявшись с кустами, она остановилась, посмотрела в сторону  мальчишек и иронично спросила,
- Ну что, сопляки, успели кончить?
- Трижды, - ответил первый.
- Смотри не умри от истощения, - ответила Жанна и, нарочито покачивая бёдрами, пошла в сторону забора.
- Жанна покажи, - крикнул ей вслед второй.
Не останавливаясь, Жанна приподняла юбку, показав свой красивы юный зад.
- А спереди, - попросил третий.
- В следующий раз, - ответила Жанна.
Жанне, как неделя, исполнилось восемнадцать, она только что окончила школу и собиралась поступать в институт. Каникулами на море не пахло, в семье не было денег, и загорать ей приходилось на нашей горке.
- Ты думаешь, она ещё целка? - спросил Первый.
Второй пожал плечами, провожая вопросительным взглядом удалявшуюся Жанну.
- Я вчера слышал, как она заявила матери: "мне теперь восемнадцать, что хочу, то и буду делать", - сказал Третий.
- Значит, скоро начнёт давать, - уверенно сказал Первый.
Поравнявшись с четырёхэтажным кирпичным домом, трое столкнулись с Стивеном.
- Дай жвачку, - попросил Первый.
- Больше нет жвачка, - ответил он и пошёл к остановке автобуса.
"Один американец засунул в жопу палец и вытащил от туда гавна четыре пуда", - спели все трое.
Стивен, не оборачиваясь, покрутил у виска указательным пальцем и исчез за углом дома.
Не успел он исчезнуть, как из-за того же угла появился дворник. Первый, Второй и Третий резко развернулись и быстрым шагом пошли в другую сторону.
- Только появитесь тут ещё раз, надеру уши, - зло крикнул дворник.
За углом дома, Павел запускал в бутылку вина таблетки кодеина. Под его ногами лежала бейсбольная дубинка. С последней, соскользнувшей в горлышко таблеткой, Павел затряс бутылкой, как бармен коктейлем, затем запустил её в рот и до последней капли опустошил содержимое.

Павел был специалистом по экспериментальным напиткам. Водка с зубной пастой, виски с коньяком и пивом, уксус со спиртом. Всё шло, всё годилось, лишь бы, как он говорил, "получить эффект", и затем пойти на "охоту".
Стивен ещё стоял у стоянки автобуса, когда Павел с дубинкой  стал гоняться за машинами.
Машины разъезжались как могли, пытаясь объехать еле стоявшего на ногах Павла. Спустя минут десять безуспешных попыток попасть по машине, обессиленный Павел упал на булыжник. Два водителя, остановившись у его беспомощного тела, взяв за ноги и руки, отнесли на аллею и положили на скамейку.
На перекрёстке, завывая, появилась скорая помощь и в, несколько секунд загрузив Павла, словно мешок с картошкой, растворилась среди лихорадочно снующих машин.
Через две недели Павла выпустили из психушки. Выйдя на волю, он в тот же день стащил в аптеке коробку с пачками кодеина и ночью, взломав замок, изнасиловал воспитательницу детского сада. В этот раз скорая помощь увезла Павла, на пятнадцать лет.

Вечером, в беседке  у кирпичного дома собрались Основной, Крутой, Никакой, Мерзкий и Вонючка. Курили, смотрели по сторонам и думали, чем бы таким необычным заняться.
- Когда это кончится? - сказал раздражённо Основной, наблюдая за малолитражкой с трудом паркующейся между двумя машинами.
- Как у себя дома, - сказал Крутой.
- До тех пор пока на стадионе будут играть в футбол, все эти сумасшедшие болельщики будут у нас парковаться, - сказал Никакой.
- Давай затащим между деревьями, - предложил Крутой.
- Хватит красить желудки, поди сюда, - позвал Никакой Первого, Второго и Третьего, разливавших у ступенек парадного на троих бутылку красного.
К концу первого тайма все малолитражки, которые можно было перетащить, стояли в притык между  стволами деревьев.
К концу  матча  с десятиметровой стены, ограждавшей горку,  были сброшены три мотоцикла.
Крутой и Мерзкий уже направились за четвёртым, если бы не проходившая мимо Жанна.
- Хочешь курнуть? - предложил Крутой.
Жанна остановилась.
- А у тебя какой? - с тоном знатока спросила она.
- Армянский, - ответил Крутой.
Жанна согласилась, и вся компашка, тут же забыв о машинах и мотоциклах, медленно направились в сторону горки. Первый, Второй и Третий, выждав пару минут, пошли вслед.
Было темно, слабый свет луны еле освещал дорожку.
Сели на ещё тёплую землю в высокой траве под яблоней. Вонючка и Мерзкий стали крутить самокрутки, а Основной открывать бутылки.
- Давай по полной, - шепнул Крутой подставляя стакан.
Основной налил из трёх бутылок, затем полез в карман, достал пачку кодеина и, незаметно выдавив в стакан пару таблеток, стал размешивать пальцем коктейль.
- Может быть, - облизав палец шепнул Основной на ухо Крутому.
Жанна потягивала толстую самокрутку, задерживая дыхание.
- Хочешь нюхнуть? - спросил Никакой.
- У вас сегодня по полной программе, - заметила Жанна.
Крутой подморгнул Основному.
Никакой стал разворачивать белый пакетик, достал из бокового кармана пластмассовую линейку и начал осторожно сыпать белую полоску.
Зажав пальцем ноздрю, Жанна наклонилась над линейкой и потянула порошок словно пылесос.
- Смотри, не затяни вместе с линейкой, - пошутил Никакой.
- Дай запить, - протянув руку к стакану, попросила Жанна.
Основной вставил в её пальцы стакан.
Через несколько минут Жанну повело.
Крутой сел за её  спиной и, обняв руками взял за грудь. Жанна не противилась.
Тогда Крутой сбросил с Жанниных плеч  бретельки сарафана, обнажил грудь и стал покручивать соски. Основной полез под сарафан, нащупал резинку трусов и медленно потащил на себя. Жанна попыталась остановить его руки, но было поздно, Основной, отбросив белые трусики в сторону, уже расставлял по обе стороны своих бёдер длинные стройные Жаннины ноги.
Первый, Второй и Третий, затаив дыхание, из-за кустов наблюдали за происходящим.
Основной, приспустив брюки, послюнявил член и полез на Жанну. После нескольких неудачных попыток, он отстранился и с удивлением на лице, засунул палец.
- Целка, - с видом опытного специалиста осмотрев сидящих, сказал Основной, - я в эту игру не играю, -резко встал, натянул брюки, достал сигарету и, закурив, отошёл в сторону.
Крутой кивнул Мерзкому.
- Давай, ей уже стукнуло восемнадцать, пора пробивать.
Мерзкий, не долго думая, забросил Жаннины ноги на плечи и взялся за дело.
Жанна вздрогнула, тихо вскрикнула и смякла. Мерзкий методично стал двигать задницей. Никакой полез нащупывать клитор. Вонючка заменив уставшую руку Крутого, начал мять Жаннину грудь. Крутой расстегнув ширинку, заскользил членом по пухлым Жанниным губам.
Жанна тяжело дышала, время от времени тихо охая. Мерзкий наконец кончил и, откинувшись в траву, стал переводить дыхание.
Жанна пошла по кругу.
Последним кончил Крутой.
- Не секс, а болото, могли бы и не кончать, - сплюнув, недовольно сказал Крутой.
- Пора сваливать, - сказал Основной.
Проходя мимо кустов, где затаившись сидели Первый, Второй и Третий, Мерзкий остановился,
- Теперь ваша очередь, только без грубостей.
Все трое одновременно кивнули головой.
- Если кто продаст, оторву яйца, - строго сказал Крутой.

Словно шакалы, низко опустив голову, выйдя из кустов, Первый, Второй и Третий, направились к обнажённой Жанне, казавшейся спящей красавицей в матовом свете луны.
Целую ночь Жанна спала в высокой траве. Ночью, в трёх метрах от неё целовались влюблённые и любовались спящим городом, в пяти, два дилера  сделали сделку, в шесть утра, в метре пробежал спортивный дедушка, но никто не заметил обнажённую Жанну.
Она проснулась от жаркого солнца, села и стала вспоминать, что с ней произошло ночью.
Лежавшие рядом трусы и сарафан протрезвили сознание, и по её коже неожиданно пробежали мурашки.
Не успела Жанна натянуть трусы и накинуть сарафан, как за её спиной прохрипел голос матери,
- Стерва, я целую ночь не спала, что ты тут делала?
- Считала падающие звёзды, - ответила Жанна.
- Ладно, пошли обедать, я вчера у Крутого купила кролика.

Крутой медленным уверенным шагом подходил к станции метро Площадь революции. Дважды осторожно обернувшись, он быстро вошёл вовнутрь и, спустившись по эскалатору, сел в вагон. Двери захлопнулись и, поезд резко рванул с места.
Когда за окном вагона стал мелькать пригород, Крутой опустил газету. На Шатле он пересел на другую линию, вышел на Барбесе и пошёл  к ожидавшему его у подворотни Мерзкому.
- Ну что, дело сделал?
- Пошли за угол, - сказал Мерзкий.
Войдя в тёмное парадное, Мерзкий быстро сунул в руку Крутому несколько белых квадратных пакетиков.
- Как тебе тут? - спросил Крутой.
- Поживёшь узнаешь, - ответил Мерзкий.
- Как ты думаешь, у Жаннки можно будет переспать? - спросил Крутой.
- Думаю да, - ответил Мерзкий.
- Она всё ещё со своим голубым?
- А куда ей деваться, его устраивает социальная видимость на работе и в обществе, её: большая квартира и деньги которые он ей платит за совместные выходы в свет.
- А чем теперь она занимается ?
- Всё тем же, - ответил Мерзкий.

Сидевшая в кафе Жанна, посмотрев на профиль и лысую голову пробежавшего по улице мужчины, подумала, как похож на Крутого.
Освещённая витрина магазина, продававшего домашних животных, привлекла внимание пробегавшего. У одной из них он остановился. За стеклом в клетке сидел серый кролик.
Вот бы дёрнуть, посмотрев с досадой на закрытые двери, подумал Крутой.
Жанна привстала и собралась уже выскочить на улицу и позвать, но Крутой исчез за углом дома.
Опустившись на стул, Жанна повернула голову в сторону трёх мужиков сидевших напротив и не сводивших с неё раздевающих глаз.
С кем же из них пойти? -лихорадочно крутилось в её в голове.
Первый был араб, Второй походил на испанца, Третий вроде бы был французом.
Все трое внимательно следили за каждым её движением. Жанна не решалась выбрать, но проблему выбора решил официант, поставив перед ней бутылку красного.
- Я не заказывала, - сказала Жанна.
- Это презент от.., - показав на улыбающегося Второго, - сказал официант.
Жанна улыбнулась в ответ и, приподняв стакан в знак благодарности,  показала рукой на стул. Второй пересел за её стол.
- Жанна.
- Второй.
- Русская?
Жанна кивнула головой.
- Испанец? - спросила Жанна.
- Да, - кивнул Второй.
Через полчаса, опустошив бутылку, Жанна вышла из кафе под руку со Вторым.
Выждав минуту, Первый и Третий пошли следом, медленно шагая в метрах десяти за Вторым и Жанной.
То, чего не могла предположить Жанна, что Первый, Второй и Третий были старыми друзьями, выходившими вместе "на охоту".
Поднявшись по ветхой лестнице на последний этаж, Второй открыл дверь и Жанна вошла в маленькую комнату под крышей.
- Хочешь курнуть? - спросил Второй.
Жанна кивнула.
Второй открыл бутылку, налил стакан и протянул Жанне. Затем сев на матрас, достал зажигалку и стал разогревать маленький коричневый кубик.
Скрутив самокрутку, он протянул её Жанне. Она, закрыв глаза, затянулась, задерживая дыхание, Второй, наполнив Жаннин стакан, незаметно бросив в него пару таблеток. Пока Жанна курила, запивая вином, Второй за её спиной усердно размешивал пальцем следующий коктейль.
После второго стакана Жанна поплыла.
Тёплые руки Второго сбросили с Жанниных плеч бретельки сарафана и обнажили грудь. Она почувствовала крепкие пальцы, закрутившие её соски.
Тихо щёлкнул замок, и две тени проскользнули в комнату.
Первый полез под Жаннину юбку и стал стаскивать трусы. Жанна попыталась остановить его руки, но не успела. Трусы отлетели куда-то в сторону. Третий, одной рукой стал покручивать клитор, Первый заменив руку Второго, ожесточённо замял Жаннину грудь.
Расставив пошире Жаннины ноги, Первый плюнул на член и вставил. Жанна всхлипнула, приоткрыла глаз и всё поняла.
Всю ночь Жанна ходила по кругу, отдаваясь вся и всем, чем только можно было отдаться.

Утром, открыв глаза, она очнулась в картонной коробке под мостом на набережной Сены.
- Пора просыпаться деточка, если не хочешь пропустить кролика, -повиснув над её головой, сказал бородатый бездомный.
В двух метрах от Жанны, на маленьком газовом баллончике урчала чёрная засаленная сковородка.
- Откуда? - спросила Жанна.
- Из магазина напротив, - ответил бородатый, аккуратно разглаживая на булыжнике белую шкурку.

К восьми вечера, Крутой добрался к Жанниному дому.
В тридцати метрах от него из чёрного мерседеса вышел высокий блондин с мобилкой у уха, зашёл в парадное, остановился у почтового ящика, заглянул во внутрь, достал пару писем, мельком посмотрел на конверты и, бросив обратно в ящик сказал:
- Дорогой, я буду через сорок пять минут. Мы успеваем на сладкий стол.
Положив телефон в карман, он зашёл в лифт и нажал на кнопку. Лифт медленно тронулся вверх.
Крутой подошёл к дому, открыл дверь парадного, пересёк холл, вошёл в лифт, поднялся на седьмой этаж и нажал на кнопку звонка.
Дверь открыл блондин.
- Жанна есть? - спросил Крутой.
- Нет Жанна, - ответил блондин, осмотрев Крутого с ног до головы, нарочито проведя языком по губам.

Крутой вернулся в лифт, спустился, перешёл через дорогу и сел на скамейку прямо напротив парадного. Вдоль улицы стайка шпаны в разноцветных капюшонах тонкими металлическими штырями открывала двери машин. За ними тащился мотоцикл с мешком.
С четвёртого этажа раздалась ругань, и полуголый мужчина стал махать кулаками в сторону шпаны. Никто из них даже не обратил внимание на угрозы.
Где-то далеко послышалась полицейская сирена. Шпана растворилась, как в тумане. Мотоцикл  медленно проехал перед Крутым и скрылся за поворотом.
Из парадного вышел блондин, сел в мерседес и быстро уехал. Через несколько минут из подъехавшего такси вышла Жанна с рыжей  Эллой.
Пока Крутой размышлял была ли это Жанна, с террасы его позвал голос.

Жанна жила в дуплексе из восьми комнат.
Верхний этаж был её, нижний иногда посещал муж, живший у своего друга.
- Мерзкий мне уже сообщил, что ты появился, -сказала Жанна.
- Пустишь переночевать?
Жанна кивнула.
- Я не с пустыми руками.
- Тем лучше, - сказала Жанна.
Подруга Жанны, рыжая Элла, сидела на террасе, покуривая дурь, и безразлично смотрела перед собой. Со стадиона время от времени доносился  взрыв криков.
- Всякий раз когда у них футбол, вся улица заставлена машинами. Ни выехать, ни въехать.
- А ты нам позвони, мы ими быстро займёмся, так, ради шутки, - сказал Крутой, опускаясь в свободное кресло напротив Эллы.
- Тут не хуже тебя разберутся, - сказала Эллы.
- Ради шутки.., -вцепившись в фразу зло повторила Жанна, - вы мне целку пробивали тоже ради шутки?
- Ради большой к тебе любви, - погладив под юбкой Жаннину попу, сказал Крутой.
- А ты с чего живёшь? - переводя тему спросил Крутой, повернувшись к Элле.
- С мужа, - ответила Элла, - с чего тут нашим бабам можно жить?
- А  твой муж, тоже голубой? - спросил Крутой.
- Нет, он наблюдатель, он уже вышел из возраста и способностей, - ответила Элла.
- Кстати, Элла, почему бы тебе не выступать с Крутым? Зачем тебе водить неизвестно кого с улицы?, - спросила Жанна.
Элла внимательно с ног до головы осмотрела Крутого.
- Нужно будет попробовать перед тем как привести, старик стал капризным. Ему каждый раз другое подавай, да по круче.
- А что делать? - оживившись спросил Крутой.
- Трахаться с Эллкой, - сказала Жанна.
- Да ты что? А он что? - спросил Крутой.
- А он будет сидеть в кресле перед постелью, курить сигару, пить шампанское и наблюдать. Старик ловит кайф, а мы получаем по стольнику за каждую сцену. Только тебе нужно будет научиться не кончать.
- Раз плюнуть, только бы платили, я забуду как это делается. Когда приступаем?, - в мгновение загоревшись спросил Крутой.
- Через неделю, когда из клиники выйдет.
- Можно попробовать уже сегодня, - предложил Крутой, сунув руку под Эллину юбку.
- Она всегда на любые пробы готова, - сказала Жанна.
- А что с ним? - спросил Крутой, поглаживая Эллины ляжки.
- Он заказал меня с двумя чёрными, да так возбудился, что у него давление прыгнуло. Пришлось лечь в клинику.
Крутой стал придвигать кресло к Элле.
- У меня сосед любопытный, - сказала Жанна, внимательно посмотрев на пошатнувшуюся сосновую ветку с соседней террасы и пошла через салон в спальню снимая на ходу платье.
Элла и Крутой последовали за ней.
- Ты теперь ходишь без трусов? - сказал Крутой, любуясь Жанниным задом.
- Не правда возбуждает? - спросила Жанна.
Сидя на кровати, скрестив ноги, голый Крутой, осторожно тянул по хохломскому подносу узкую белую полоску. За его спиной, облокотившись на спинку, Элла наливала в стаканы вино. Из двери ванной вышла голая Жанна и, подойдя к кровати, села рядом с Эллой. Приоткрыв собранные в кулак пальцы над одним из стаканов, она высыпала в бордовую жидкость небольшую кучку белого порошка. Элла вопросительно посмотрела на Жанну. Приблизившись к Элле, Жанна  что-то ей шепнула и вставив палец в стакан стала быстро им крутить.
- Ну, что девчонки, пылесосим? - протягивая поднос Жанне, сказал Крутой.
Только успевшая облизать палец, Жанна потянулась ноздрёй к подносу.
- Дай стакан, так будет удобней, - предложил Крутой.
- С удовольствием, - ответила Жанна, - это кстати твой.
Жанна нюхнула, Крутой залпом выпил вино.
- Какой-то странный привкус, - задумавшись, сказал Крутой.
- Лучшие из лучших, - ответила Жанна показывая на две бутылки, стоявшие на спальном столике.
- Я всё равно ничего не понимаю в их винах, - тупо смотря на этикетки, сказал Крутой, осторожно открывая второй пакетик.
В то время как Крутой готовил дозу для Эллы, Жанна снова пошла в ванную, вернулась, и та же операция с порошком повторилась снова.
- Ну что, девчонки, займёмся пробой, - нюхнув свою полоску, - предложил Крутой и полез к Элле.
Жанна пошла к телевизору, выбрала диск и запустила в кассетник. Через мгновение на экране замелькал порнушный фильм.
- Это я люблю, - сказал Крутой, разворачивая Эллу к экрану.
- А я тоже хочу, - сказала Элла.
- А ты будешь смотреть вверх ногами, - глубоко зевнув, сказал Крутой расставляя Эллины ноги, и наваливаясь на неё телом.
Кончить Крутому не удалось, он неожиданно заснул в процессе после третьего стакана.
- Ты могла бы сыпнуть поменьше, я возбудилась, как кошка, - с досадой сказала Элла.
- Сейчас ты возбудишься ещё больше, я этого момента шесть лет ждала. Достань-ка мне предметик из ящичка.

Утром Крутой проснулся не совсем хорошо понимая, что болит больше, голова или задница. На постели, по обе стороны Крутого сидели Жанна с Эллой и курили самокрутку, время от времени проползавшую над его головой. В открытых дверях спальни появилась шестилетняя девочка.
- А это ещё чья? - спросил Крутой переводя вопросительный взгляд с Жанны на Эллу.
- Одного из вас восьми, - ответила Жанна.
- Ладно тебе, - с трудом отрываясь от подушки, ответил Крутой.
- Может и твоя, смотри как похожа на тебя, - засмеялась Жанна.
Крутой внимательно провёл глазами по Машиному лицу, затем посмотрел на себя в зеркальное отражение дверей спальни.
Не очень-то она на меня похожа, подумал он, скорее на Мерзкого.
Потянув на себя халат, Крутой слез с постели и направился в ванную.
- Что ты там делаешь? - спустя четверть часа полной тишины спросила Жанна.
- Очевидно геморрой поймал, у тебя памперс найдётся? - появившись из-за двери с выстиранными трусами, спросил Крутой.
- На твою попу нужно будет как минимум три, возьми прокладку в шкафчике, там и чистые трусы Люка где-то должны валяться,  - сказала Жанна.
Крутой с недовольной миной полез в шкафчик.

В подвале сидели Основной, Никакой, Мерзкий и Вонючка и допивали последнюю бутылку. Когда она кончилась, Основной повернулся к Легионщику, сидящему за соседним столом, и, протянув деньги, сказал,
- Сходи к арабу, возьми пару бутылок.
- Сам сходи, - ответил Легионщик, даже не посмотрев в сторону Основного.
- Вот сука, придётся самому идти, - отвернувшись от Легионщика, сказал Основной.
Услышав "сука", Легионщик встал, пошёл к сумке висевшей на стене, достал большой чёрный пистолет, беспорядочно замахал им и заорал,
- Какая блядь сказала сука?
В подвале наступила гробовая тишина.
Подойдя к Основному, Легионщик приставил дуло к его затылку.
- Это ты последняя сука, блядь такая.
- Тихо, тихо, - зашептал Основной, подымая руки.
Легионщик оторвал дуло от затылка, поднял пистолет верх и выстрелил. Кто полез под столы, кто близко сидел к выходу, вылетел быстрее пули во двор. Основной, Никакой, Мерзкий и Вонючка медленно подняли глаза в потолок, но ни грамма штукатурки не упало на пол.
Пугач, произнёс Основной, встал, подошёл вплотную к Легионщику и что силы ударил кулаком по челюсти. Легионщик, отлетел к стенке теннисным мячиком, перевернув пару стульев и упал на пол.
Подошедшие  Никакой, Мерзкий и Вонючка подняли Легионщика, поставили к стенке и стали бить. Из публики послышались выкрики,
- Чему тебя там учили?  За что мы платили налоги! Бездарь, дай им в морду!
Но первый удар Основного был фатальным, Легионщик падал на пол.
Никакой с Вонючкой подняли его, протащили пару метров и положили на длинный деревянный стол.
Взяв со стола вилку, Основной воткнул её в задницу Легионщику и медленно, в развалку, пошатывая по-босяцки плечами, вышел из подвала за Никаким, Мерзким и Вонючкой.

На следующий день к одиннадцати вечера, пьяный Легионщик, шатаясь, явился в подвал с синяками под глазами и бейсбольной дубинкой, но никого не застал. Подвал был закрыт. Выйдя на улицу, от злости, он что силы ударил по ветровому стеклу первой попавшейся машины. И так через одну, то с левой, то с правой стороны улицы, до перекрёстка на котором неожиданно упал и отключился.
Два водителя, остановившись у его тела, взяв за ноги и руки отнесли с дороги и положили на скамейку.
На перекрёстке, завывая, появилась скорая помощь.

Крутой вышел из Жанниного парадного и направился к метро. Добравшись до Барбеса, он поднялся по эскалатору и пошёл в направлении подъезда где обычно крутился Мерзкий.
Мерзкий стоял в окружении Основного, Никакого и Вонючки.
- Я сваливаю, вокруг полный маразм, поеду лучше в свой.
- Тебя же дёрнут как кролика на первом выходе из метро, посадят в клетку и отправят к бородатым. А там исход один, сам знаешь.
- Лучше со своими, нежели с чужими, всё равно однажды помирать, - сказал Крутой, махнув рукой на прощанье, резко повернулся и пошёл к метро.
Спустившись по эскалатору, он долго петлял по переходам, пока наконец не добрался до перрона. Крутой оказался среди двух десятков стоявших в ожидании поезда.
- Площадь революции, в этом направлении? - спросил Крутой у молодого блондина с зелёным брезентовым мешком лежавшим в ногах.
- Революсьён, - с ужасом посмотрев на Крутого, утвердительно кивнув головой, сказал блондин.
Кокой-то с приветом, подумал Крутой и на всякий случай отошёл в сторону на пару метров.
Когда Крутой увидел глубоко в туннеле появившиеся фары, он с облегчением вздохнул.
Пустой поезд выкатил на станцию.
- Революсьён, -повторил блондин, показывая на въехавший на станцию поезд. Крутой вошёл в вагон, подойдя вплотную к двери напротив. Столкнувшись со своим лицом в стекле, он стал поправлять взбившиеся волосы.
В отражении, сбоку от его головы, появилось удивлённое, перекошенное от ужаса лицо блондина. Снова этот сумасшедший, подумал Крутой и резко повернулся. За неожиданно закрывшейся дверью, хлопая себя по голове, с перекошеным лицом на него смотрел блондин. Крутой осмотрелся. Только сейчас он понял, что больше никого в поезде не было. Вагон дёрнулся и медленно покатился вдоль перрона. Кто крутил пальцем у виска, кто хлопал себя по голове, кто хватался за лицо, кто, показывая как дёрнуть стоп-кран, стуча в окна.
Крутому стало не по себе, но поезд, набирая скорость, влетел в туннель и помчался, пропуская пустые освещённые станции.
Очевидно, едет в депо, подумал Крутой.
Спустя час безостановочного путешествия, Крутой стал различать бесконечные изуродованные  бомбардировкой постройки.
Поезд постепенно стал сбавлять скорость и наконец остановился.
Крутой вышел на перрон. Не души. Пахло гарью. Слышны были редкие автоматные очереди. В свинцовом небе, на фоне багровой полоски горизонта пронёсся вертолёт.
Следуя стрелке, нарисованной на белом листе бумаги, наклеенном на стене, он вышел на небольшую площадь, освещённую одним единственным болтавшимся на ветру фонаре. Невдалеке у тротуара стоял крытый грузовик. Вокруг площади, просвечивались выбитыми окнами изуродованные стены домов.
Неожиданно Крутой почувствовал сильный удар в затылок, у него подкосились ноги и, потеряв сознание, он упал на асфальт.

Жанна с Эллой сидели на постели.
Элла бессмысленно переключала телевизионные каналы.
- А, кстати, где Крутой? - спросила она, посмотрев на часы.
- Мерзкий звонил, сказал вернулся, - ответила Жанна.
- Не поняла, вдруг сказала Элла и, наклонив голову, постаралась посмотреть на экран телевизора « верх ногами ».
- Это что за канал? - спросила Жанна.
- Совместный, - ответила Элла приближаясь к краю постели, поближе к экрану.
На экране, подвешенный за ноги, на толстом суку, висел Крутой. Багровое солнце катилось за горизонт. Стоял летний тихий остывающий вечер. Вокруг Крутого ходил бородатый смуглый мужик в полосатой матросской тельняшке, с длинным ножом, поблескивающим угасающим красным бликом, время от времени проводя по горлу лезвием.
Тонкими струйками по лицу Крутого стекала кровь.
Неожиданно бородатый исчез с экрана, и его место заняла камера, ставшая крутиться вокруг Крутого, наезжать на порезы, на открытый обезумевший и окровавленный глаз.  Время, казалось, остановилось по приказу оператора.
- Хочу жить, помилуйте, хочу жить, - шептали губы Крутого.
Затем в кадре снова появился тот же бородатый и, подойдя к Крутому, взяв рукой за волосы, потянул на себя, подперев голову коленом, а другой медленно перерезал горло. Хлынула кровь, пошёл наезд трансфокатора, и, чуть подёргиваясь, камера стала снимать вытекавшую из пореза кровь. Тело Крутого смякло, словно опустевший мешок. Камера продолжала снимать, отсчитывая с каждым пролетавшим метром плёнки, зелёный доллар.
Дело было вечером, делать было нечего.


Киев/Париж 1987-1997
INTERWIEV
MARLY
IAROVAIA